Choose a different country or region to see content for your location and shop online

Exprimez-vous en couleurs !
Qualité allemande
Depuis plus de 165 ans

Apprendre par le jeu, c’est mieux ?

09 septembre 2022


À la maison et à l’école, le ludique prend sa place
« Le jeu est sérieux, c’est le moins insignifiant des actes. Jouer, ce n’est pas rien faire et parfois, c’est même travailler plus intensément que dans des situations de travail » dit Jacques Henriot[1]. Le jeu - dans son étymologie - vient du latin « jocus » qui signifie « plaisanterie, faire rire ». Et s’il a depuis toujours eu sa place dans les familles, il a eu bien du mal à s’inviter à l’école élémentaire et que dire du secondaire. Parce qu’apprendre C’EST SÉRIEUX, aujourd’hui, il s’invite volontiers dans les classes et ce jusqu’au lycée : serious game, jeux numériques, jeux de rôle, jeu de société, escape game... De l’éducation civique en passant par les langues, l’histoire ou les maths, rien ne lui résiste… Et ce ne sont pas les enfants qui vont s’en plaindre.

À la maison, depuis toujours


On dit « à la maison » mais on pourrait dire « dans la caverne » car bien sûr, les enfants des Hommes (et tous les animaux) jouent depuis des millénaires et ils jouent pour apprendre ! Ainsi, on sait que « Il y a environ 3 500 ans, des bambins jouaient déjà à la dînette. En témoignent 48 récipients miniatures faits d’argile et retrouvés dans les vestiges d’habitations du site archéologique de Tel Nagila, en Israël. Dix d’entre eux, bols ou bocaux, ont figé dans la terre, avant leur cuisson, des traces de doigts si petites qu’elles ne peuvent qu’appartenir à des enfants[2]». Et quand les enfants jouent - tout comme les petits lions qui se battent - ce n’est pas que pour s’amuser mais bien pour apprendre : exercer sa motricité fine ou sa psychomotricité, reconnaître les formes et les couleurs, imiter les parents. Ainsi, par exemple, les « recherches archéologiques ont montré que des pointes de lances sculptées en os présentaient des extrémités émoussées qui semblent avoir été réparées par des mains peu aguerries à la tâche. Un indice que ces armes endommagées ont été confiées par des adultes à leurs enfants pour leur permettre de s’entraîner à la réparation des outils en os, mais aussi très certainement pour les laisser s’amuser avec ces petits objets ».

De nos jours, la plupart des jeux que l’on propose à nos enfants ont une vertu éducative et ce, pas seulement parce que cela nous rassure. La plupart des jeux sur écran ou des jeux-vidéos permettent d’apprendre ! L’esprit d’équipe, la motricité, la tactique, la créativité... Même un Monopoly vous apprend l’économie capitaliste !

Mais à l’école... Demandez à nos bambins s’ils s’amusent ? Bon soyons vrais, oui, parfois et même de plus en plus, nos enfants s’amusent à l’école. Cela fait d’ailleurs parfois frémir certains parents : « Comment ça, tu as joué en orthographe plutôt que de faire une bonne vieille dictée ? Je vais de ce pas voir ton enseignant ! » Certains enseignants, influenceurs, en ont même fait une vraie spécialité comme Monsieur Mathieu[3], auteur de nombreux ouvrages sur le thème, et spécialiste de l’escape game en CP !

Quand les méthodes traditionnelles montrent leurs limites


Pourquoi on joue plus à l’école ? D’une part, parce que les méthodes traditionnelles ont montré leurs limites. Franklin Roosevelt ou Montaigne (« Éduquer, ce n'est pas remplir des vases mais c'est allumer des feux ») le disaient déjà. On apprend mieux quand on est acteur de nos apprentissages. Le jeu donnerait à l’enfant des compétences sociales et cognitives et une confiance en soi qui lui permettraient de mieux évoluer dans des environnements inconnus. Confronté à des règles et à un environnement étranger, il met en place des nouvelles stratégies, pense de façon créative, collabore avec ses partenaires de jeu et apprend de ses erreurs. 

En effet, le jeu a de multiples atouts[4]:
  • Il motive l’enfant, facilite sa concentration et stimule sa mémoire.
  • Il rend actif en classe, là où l’élève reste souvent passif. L’enfant est acteur de sa ré-flexion, de sa stratégie, il collabore et partage avec ses partenaires.
  • Le jeu modifie et démocratise le rapport au savoir : l’enfant est moins soumis au stress, à la peur de l’erreur et de l’échec car le jeu est basé sur des règles connues de tous et parfois sur le hasard.
  • Le jeu incite l’élève à verbaliser sa pensée, à argumenter ses choix et donc, l’aide à perfectionner son langage.
  • Le jeu permet à l’enfant de développer des méthodes de travail, de suivre une logique, un raisonnement.
  • Le jeu permet de stimuler diverses compétences en même temps : le verbal, le mental, la logique, le calcul...
  • Le jeu donne à l’enfant un but précis, concret et l’incite à s’impliquer dans celui-ci.

Un outil qui peut devenir majeur pour l’enseignant


Permettez-nous le double jeu de mots... C’est plus facile de motiver un enfant quand il a un rôle à jouer ! Mais quelle est finalement la différence entre le jeu et l’exercice ? En fait, on dit que le jeu n’est plus l’application d’un savoir antérieur d’une part et d’autre part, intervient également souvent un scénario fictif personnel ou collectif (c’est le cas dans les serious game, jeux de rôle, escape game et certains jeux de société). En mathématiques, de nombreux jeux permettent d’aborder des notions complexes de manière ludique et donnant du sens aux maths… Quand les enfants jouent, ils n’ont pas l’impression d’apprendre, et ça, ça change tout, surtout sur des élèves moins « scolaires » justement. Les enseignants font le choix d’introduire une leçon ou de la conclure par un jeu.

Une récompense…


En fin de journée, à l’école, annoncez un jeu de plateau projeté sur le TBI ou un escape game sur les énergies ou un atelier pour fabriquer une petite voiture avec un rouleau de papier toilette (voir notre activité créative) : l’effet est le même… Des hourras et des youpis. C’est pareil à la maison en cas d’après-midi pluvieux… Et si on jouait ? Et si on créait ?


[1] Sous couleur de jouer (1989)