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2012-05-23
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INTRODUCTION
Le graffiti naît dans les rues de New York à la fin des années soixante. Il s'agit alors d'œuvres traitant d'un thème nouveau, utilisant une technique et un support nouveau.

En 40 ans, le graffiti a évolué de façon spectaculaire. S'épanouissant dans et sur le métro, il séduit les galeries dans les années 80.

Puis il conquiert l’Europe notamment la Hollande et l'Italie où il gagne ses lettres de noblesse.
A suivre...

HISTOIRE DU GRAFFITI

A l'origine, le sujet principal d'un graffiti est le nom de son auteur (on les appelait writings ou tags). Autrement dit, la signature que l'on appose au bas d'un tableau devient le thème central de l'œuvre. Ce phénomène existe depuis le Moyen Age où l'image du peintre qui servait de signature au bas du tableau, donne naissance à un genre nouveau, celui du portrait.

La fonction première du graffiti, laisser un signe pour rappeler l'existence de son auteur,date de la nuit des temps. Des dessins des grottes préhistoriques aux fresques de Pompéï, l'homme a toujours eu le désir de délimiter son territoire et de le sublimer. Si le graffiti se fait l'écho de ce besoin universel, il est indissociable du contexte social des Etats-Unis des années soixante qui excluaient les minorités. C'est des ghettos de noirs de Philadelphie que sont partis les tags (le premier nom des graffitis qui signifie «marque» en anglais). Le besoin exacerbé de ces jeunes noirs de laisser leur nom était lié à leur condition de quasi «paria».

C'était pour eux le moyen de délimiter et surtout de sortir du territoire où ils étaient confinés pour dire «Pouvoir, me voici, ne me mets pas à l'écart», extrait du discours du vice-président,Hubert Humphrey (1968)

 

 

Nouveau sujet : la signature en tant que telle - nouveaux outils : le marqueur et la bombe aérosol -nouveau support : la rue et l'underground (le métro)…
Entre rébellion et affirmation personnelle, le graffiti prend son essor. Le premier instrument du graffiti est le marqueur. C'est un instrument rapide et sûr qui marque presque toutes les surfaces. Bien vite, à leur nom, les graffitistes accolent le numéro de la rue où ils habitent. La première génération de graffitistes compte les légendaires Julio 204 et Taki 183.


Le jeu est de se faire voir du plus grand nombre. Après les murs, le graffiti explose à l’intérieur des métros, puis sur toute la surface extérieure, augmentant le suspens et l'exploit. Crash (graffiteur des années 80) affirme en 1982 «Les œuvres d'aucun artiste ne sont vues par autant de gens en une seule journée»
Entre 1972/76 se développent différents styles, c'est la deuxième génération. L’introduction d'un style particulier immédiatement reconnaissable revient à Topcat 126, jeune de Philadelphie,arrivé à Harlem.Son oeuvre se caractérise par la large base de ses lettres,appelées,« lettres à plateau »Parallèlement,Phase 2 introduit dans le Bronx,la lettre bulle qui ressemble aux formes simplifiées de la BD.

Parmi les nouveaux éléments stylistiques, le plus important est le nuage. Cet élément avait une valeur pratique et une valeur esthétique. Il s'agissait d'une surface de peinture de la forme d'un nuage qui permettait de peindre motifs et noms tout en recouvrant les précédents d'une façon invisible. Pendant l'été 74, apparaissent des oeuvres qui recouvrent des voitures de métro entières.
Tracy introduit les lettres WS «wild style» à la signature. Le WS donne naissance à un nouveau style de lettres en trois dimensions. Avec Mico, les graffitis s’inspirent de l'actualité politique, la signature n’est plus qu'un détail. Sujet de préoccupation N °1, la guerre du Vietnam : Mico se distingue par deux slogans «Hang Nixon» et «Free Puerto Rico», Kindo introduit le cinéma et la télévision. La meilleure illustration : The Pelham exp, un graffiti qui fait référence, dès sa sortie, au film culte «The taking of Pelham 123» (1974).
Avec Lee, qui recouvre des trains entiers, on passe du «whole car piece» au «whole train piece». L'art du graffiti atteint sa maturité. A la fin des années 70, certains galéristes s’intéressent aux graffitis comme Stefan Eins qui ouvre «Fashion Moda» dans le Bronx.
Avec le livre de photos de Martha Cooper et Henry Chalfant «Subway Art», le graffiti entre dans la postérité.
Puis avec Jean Michel Basquiat qui écrit des poèmes à clé dans les rues et Keith Harring qui dessine dans le métro et sur les panneaux publicitaires, le graffiti entre définitivement dans les petits papiers des marchands d’art.

Aujourd’hui, le graffiti est toujours bien vivant grâce aux échanges entre collectifs d’artistes européens et américains. A ceci, il faut ajouter le formidable instrument qu'est le net qui permet une communication rapide et internationale entre les artistes.
Et si le graffiti poursuit une carrière reconnue de tous (il existe nombre de façades ou d’immeubles recouverts de graffitis, œuvres commandées par des mairies), son ancêtre le tag, lui, a mal tourné.Il s’apparente plutôt au vandalisme puisqu'il dégrade des surfaces qui ne lui sont pas dédiées et véhicule des messages sans intérêt. Il appartient à chacun de faire la différence.



BIBLIOGRAPHIE

“Coming from the subway-New-York graffiti Art ”
auteur : Froukse Hoekstra avec l'appui du Groninger Museum.

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